L’ABOIEMENT !

par: Johanne Berard


Introduction

Plusieurs le savent déjà, chez moi les chiens ne jappent pas, n’aboient pas. On me demande très souvent comment je fais pour vivre avec des caniches, des maltais et des Yorkshire, tous reconnus pour être des « jappeux », en totale harmonie et en silence. Quel est mon secret ? Pas si compliqué, vous verrez.

Les plus sceptiques sont les éleveurs qui, eux, arrivent à peine à se faire écouter et rares sont ceux qui réussissent. J’ai même quelques faits cocasses sur le sujet dont celui-ci où je réserve une petite caniche rouge d’un éleveur aux États-Unis et qui après 2-3 discussions téléphoniques décide de me rembourser, prétextant qu’elle n’est pas stupide, que si j’étais vraiment éleveur elle aurait entendu mes chiens aboyer.  J’ai tellement ris. Malgré que cette petite femelle était magnifique, je préfère de loin, croyez-moi, l’harmonie de ma meute. 🙂

Contrairement à tous ces spécialistes modernes qui cherchent des causes et tentent de développer des solutions, je suis du genre « observateur». Je ne cherche pas à changer mes chiens, je cherche à les comprendre et me comporte de façon à me faire comprendre, à leur façon. Comme le chien ne possède pas les aptitudes pour se comporter comme un humain, je DOIS modifier mon comportement social afin de me faire comprendre d’eux. C’est la base. Chacun ses capacités! 🙂

Installez-vous confortablement et venez avec moi dans le merveilleux monde du comportement de votre chien, des miens. Après cette lecture vous serez en mesure de comprendre et, je l’espère, augmenter l’harmonie positive entre vous et votre ami à 4 pattes.

L’aboiement chez le chiot

Comme presque tous les animaux, le chien a un cri.  On l’appelle aboiement. Le cri sert à communiquer des messages aux autres de même espèce ou non. C’est un langage  très complexe qui débute dès la naissance et le seul langage que peut utiliser le chien tout au long de sa vie. En observant, attentivement, mes chiens et chiots pendant de longues périodes et sur plusieurs années, j’ai pu déterminé qu’il existe 2 règles primordiales pour avoir un chien qui n’aboie pas.

Le chiot naissant pousse de petits cris qui ressemblent à des pleurs pour 2 raisons principales: Il est seul ou il a mal.  Assez simple mais efficace car ces pleurs déclencheront une réaction immédiate chez la maman.  Plus la maman est maternelle, plus la réponse et le résultat sont rapides. Le chiot apprend, donc, à combler ses besoins en pleurant. C’est vital. Une maman élevée dans un environnement stressant ne  répondra pas de la même manière qu’une maman élevée dans un endroit harmonieux. Donc, règle no, 1 : L’endroit où est né le chiot est très important.

Vers l’âge de 4 semaines, ses cris vont se développer et auront évolués de manière à commencer à ressembler à un aboiement.  Ils sont utiles, principalement, pour rappeler aux autres chiots de la portée qui a le plus de « pouvoir » dans le groupe, les pleurs restent encore identiques pour l’appel de la maman. À ce stade, donc, j’ai remarqué que les plus dominants ont tendance à plus aboyer. La maman n’a aucune réaction à ces nouveaux cris. Elle sait qu’ils ne proviennent pas d’une détresse. Même si le chiot aboie de façon excessive, elle n’y portera pas attention. C’est à cet âge que j’interviens pour la première fois. Je n’ai qu’à toucher le chiot sur le corps et faire un bruit sec pour voir sa réaction immédiate. C’est ce que j’appelle le renforcement négatif. N’ayez pas peur. Rien de bien grave et extrêmement efficace. Le renforcement négatif est  aussi efficace et essentiel à une bonne balance que le renforcement positif. Comme Pavlov l’avait démontré dans ses études, j’utilise la même méthode pour les aboiements. Ceci est ma règle no. 2: L’éducation!

Ainsi j’éduque mon chiot à comprendre que le dominant du groupe ce n’est pas lui, mais moi. Je me fais une place dans la portée  et j’agis comme un membre du groupe en passant du temps avec eux, pendant les périodes de jeux. Si je le fais bien, mes chiots n’aboieront jamais devant un chef ou un dominant. Par contre, ils développeront de nouveau le comportement face à des sujets inférieurs (lire « LA MEUTE ») et c’est là que le rôle du nouveau propriétaire prendra toute son importance.

L’aboiement chez l’adulte

Ma meute comporte un chef, MOI! Le rôle du chef va plus loin que la commande. Il PROTÈGE la meute. Cette notion étant totalement abandonnée par la majorité des propriétaires de chien, celui-ci développera des comportements anxieux ou dominant dont les aboiements viendront renforcer cet état d’esprit. Un chien ne sait pas vivre autrement que dans une meute. Le chef aboie pour protéger sa meute et l’anxieux le fait par insécurité. Il n’y a aucune autre raison à l’aboiement chez l’adulte. Si le chef n’a pas de place de chef et que l’anxieux est protégé par le chef, logiquement les  problèmes disparaîtront. Pas difficile à comprendre. Observez bien votre chien et vous saurez dans quel groupe il se situe. L’attitude de votre chien est le reflet de votre façon de vous comporter avec lui.

La Solution

Comme je suis éleveur et que j’ai adopté des adultes dans ce même cadre, je fonctionne de  cette façon simple pour  les intégrer: Partant du fait qu’un chien qui arrive dans une nouvelle meute est en mode « observation » et que les aboiements sont totalement absents, à leur arrivée, donc, je leur fais savoir qu’ ici c’est MOI le chef en réduisant de façon importante leur droit à l’espace que j’ai déterminé avant leur arrivée, en ne leur permettant pas de manger dès que je mets de la nourriture dans leurs bols, en ne les laissant pas m’approcher avant plusieurs jours. Ces comportement sont le quotidien du CHEF et tout nouveau chien s’y intégrera très facilement qu’il soit dominant ou anxieux. Il n’est pas en position de force. Il ne connait pas le terrain, les autres individus.

Après 2 à 4 jours, les règles de la meute étant établies, personne n’osera aboyer en présence du chef. Simple comme bonjour.

Il arrivera qu’en l’absence du chef, des aboiements se fassent entendre. Je ne laisse jamais un chien aboyer même une seule fois. J’ouvre la porte et le corrige immédiatement. Au bout de 1 ou 2 heures, le chien associera que je suis toujours  derrière la porte, que même si il ne me voit pas, je suis là. Les aboiements cesseront.

Conclusion

J’ai adopté des chiens adultes qui aboyaient tellement que personne ne pourrait croire que chez moi ils sont silencieux. C’est pourtant ce que je vis dans mon quotidien. Je me plais à dire aux gens que mes chiens habitent dans ma maison, je n’habite pas dans un chenil! Adultes et chiots vivent en parfaite harmonie et se sentent en sécurité. Ils ont un chef, et peuvent, donc, se la couler douce. Chacun, même avec des personnalités différentes, arrivent à vivre en harmonie entres eux et avec leur chef, MOI!


 

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