LES CHIENS HANDICAPÉS

Mot de: Johanne Berard


Ce matin je laisse la place à Juliette Simard et son histoire avec sa petite Zira handicapée. Bonne lecture !

LES CHIENS HANDICAPÉS
par: Juliette Simard

Bien que je ne suis pas spécialiste en santé animale ni ai reçu aucune formation en psychologie canine, je souhaite simplement vous faire part de mon expérience avec un chien handicapé pour vous aider à mieux comprendre nos amis canins ayant un handicap physique.

Mon chien a subi plusieurs traumatismes sur ses deux pattes avant et ce, dans un court laps de temps (voir l’article écrit par Johanne le 19 novembre 2015). Tous ces incidents ont entrainé plusieurs manipulations par les équipes vétérinaires qui ont dû intervenir lors de ses épisodes aigus de douleurs et de convalescence. Donc, avant, pendant et après les opérations (4 anesthésies générales) elle a de nouveau subi des manipulations. Toutes ces interventions où la douleur, la peur et l’anxiété étaient présentes se sont faites en présence d’inconnus pour elle.

Donc, pour mon chien handicapé à la suite de traumatismes répétés et d’une amputation, les inconnus peuvent malheureusement être associés à la douleur et la peur. Bien que les multiples manipulations par une équipe vétérinaire soignante aient été faites pour une bonne raison, des mains inconnues sont des mains inconnues et elles peuvent être associées à une mauvaise expérience. Zira n’est donc pas contente de voir des inconnus foncer vers elle en faisant des «onnnnnn, pauvre petite» avec des bras tendus. Elle se blottira volontiers dans vos bras une fois qu’elle se sentira à l’aise. Mais d’autres raisons peuvent aussi expliquer ce type de comportement. Par instinct, les chiens handicapés savent qu’ils ne peuvent pas se protéger de façon optimale et peuvent être limités dans leurs capacités à se défendre à cas d’attaque. Tout ceci peut donc les rendre plus anxieux lorsque de nouveaux visages ou chiens inconnus s’approchent d’eux.

De toute façon, personne ne devrait jamais approcher directement un chien qui ne leur ait pas familier et c’est doublement le cas pour le chien handicapé. Le propriétaire a une responsabilité de protéger son chien et de faire respecter la distance pour les autres personnes qui entre en contact avec lui, chien handicapé ou pas. C’est encore plus vrai pour les chiens handicapés qui ont un accessoire de réadaptation adapté à leur condition, car le chien est captif son accessoire ou de sa prothèse et peut se sentir coincé et ainsi mal interpréter vos intentions.

Zira, ma petite chienne pleine d’énergie…vraiment pleine d’énergie, a longtemps été tenue en milieu restreint et fermé le temps de sa convalescence pour favoriser la guérison et a été sous les bons soins professionnels de Johanne Bérard. Ce qui lui a permis de rester malgré tout, un chien équilibré car ses chirurgies et son handicap permanent ne lui ont pas permis de « passe-droit ». Les principaux troubles de comportement chez le chien handicapé sont presque tous reliés à l’humain qui prête des émotions au chien; l’humain adapte ses comportements en conséquence de ce qu’il pense interpréter. La pitié n’existe pas chez le chien. Pour survivre, il doit s’adapter pour suivre la meute et s’il ne le fait pas, il est rejeté ou tué car il met en danger le reste du groupe.

La majorité des gens que vous allez rencontrer en faisant faire de l’exercice à votre chien handicapé est curieuse et bien intentionnée. Profitez-en pour faire de l’éducation et leur expliquer, entre-autres les raisons pour lesquelles ils ne peuvent approcher un chien sans la permission du maître, quoi faire pour sécuriser l’environnement du chien pour éviter les accidents, etc. Les personnes avec qui j’ai eu des discussions dans les rues ou boutiques sont très contentes d’apprendre et m’ont chaleureusement remerciée d’avoir pris du temps pour leur expliquer ces principes. Je pense ainsi faire mon devoir en protégeant mon chien, en éduquant la société du mieux que je le peux et aussi démystifier le chien handicapé.

Il est donc important de traiter son chien handicapé avec les mêmes principes que les autres chiens, soit en étant un chef de meute et en étant constant. Bien sûr, pour ma part, j’ai quelques ajustements à faire comparativement à mes deux autres chiens; notamment par prévention, je dois m’assurer que son apport calorique quotidien est adéquat pour éviter que son poids ne s’élève et cause une pression supplémentaire sur la patte restante. Des adaptations dans l’environnement peuvent être nécessaires pour compenser sa déficience physique et assurer sa sécurité, mais c’est tout. Le chien handicapé a aussi besoin de période de jeux, d’exercice et de discipline. C’est un chien à part entière même s’il lui manque un membre ou à une limitation. Car pour le chien, il est un chien! Point final.

Juliette Simard


 

S'il vous plaît suivez et aimez nous:

Laisser un commentaire