CRÉER UNE RACE

par: Johanne Berard


Il y a quelques jours j’annonçais notre petit Felipe, Maltipoo (F1), à vendre car nous en étions venu à la conclusion que de développer notre lignée ou même arriver à la création d’une nouvelle race serait pratiquement impossible. Il ne s’agit pas, ici, d’hybridation puisque nous parlons de deux animaux de la même espèce. C’est, donc, une erreur de les appeler comme ça.

Parmi les nombreux commentaires reçus sur différents murs de Facebook il y en a un qui demandait si un jour le Maltipoo serait accepté au CCC (Club Canin Canadien). J’aurais bien aimé y répondre mais en quelques mots ce n’était pas évident. Alors, pour ceux que ça intéresse, j’en fais mon article de ce matin.

Imaginez-vous qu’il existe plus de 400 races. Toutes ces races sont passé par le même chemin ou presque avant d’être reconnu. Créer une race c’est la passion d’une vie entière. Il faut, outre la créer, la faire connaître, faire monter l’engouement, la publiciser et avoir le désir de la voir sortir du lot un jour.
Tout ceci exige un travail colossal et des « couilles en plombs » car les défenseurs des animaux ainsi que les éleveurs des races que vous aurez pris pour faire vos croisements, viendront vous juger sur les croisements que vous faites par rapport à l’éthique. Bref, il faut être convaincu. Voici comment ça se passe…

Un jour, dans un élevage, il y a un chiot qui sort du lot par un trait particulier. Après quelques recherches sur ce trait on décide de garder ce chiot et développer ce trait qui le rend spécial. Commence la ronde des F1, F2, F3, qui détermine le nombres de croisements où se situe le chiot qui sera gardé pour continuer la lignée. Pendant le développement on doit garder un registre complet de l’historique afin de présenter ces documents dans une exposition canine dans la catégorie « foreign » à partir de F7, normalement, on peut espérer être accepté. De plus, si pendant la création on en a fait la publicité suffisante pour créer un engouement et que d’autres éleveurs commenceront à en faire aussi, on peut s’assurer de son acceptation. Tout ce travail est nécessaire pour fixer un standard pour cette race et ça prend au moins 4 générations pour avoir des chiots de mêmes traits.

Ce qui fait qu’une race n’est pas accepté après plus de 20 ans c’est l’intérêt de ceux qui en font l’élevage. On peut prendre comme exemple le goldendoodle, le morkie, le maltipoo, etc. Ces croisements sont très populaires mais ne feront aucun adepte sérieux parmi les races pures car personne n’a pensé débuter ces croisements de la bonne façon, à ce jour.

Pourtant il existe des gens, au Québec, qui ont travaillé sur des nouvelles races. Je pense à Mme Gaétane Blanchette et son Linois, (dans les années1980), Mr. Henri et son bobtail miniature (1990) et moi-même avec le morkie. Dans tous ces cas, nous avons été seuls dans notre cour et ça a fait que nos lignées se sont perdues dans le temps.

Un éleveur peut travailler toute une vie pour ne jamais atteindre la reconnaissance de sa race. Les quelques races créées ici sont plus nordiques et ont été développé ailleurs comme le Labrador né ici mais développé sérieusement en Angleterre. Et chez les croisements de « doodles » le Labradoodle né au États-Unis, développé et reconnu en Australie, Il y a tout de même le Terre-Neuve qui porte ses racines et son développement dans notre pays et j’ai pu le constater au musée d’histoire de St-John, il y a quelques années, avec de vieilles photos de l’ancêtre du Terre-Neuve exposées dans un salon à cet effet. C’était génial de pouvoir voir l’histoire d’une race.

Il faut, donc, plusieurs éléments pour faire reconnaître une race nouvelle et le chemin le plus facile est de partir d’une race déjà populaire car on aura de l’appui, des fans et une plus grande visibilité.

Si, pour ma part, je n’ai pas l’intention de continuer avec le Maltipoo c’est que notre vie est déjà bien remplie par ma bataille pour faire reconnaître les éleveurs responsables et responsabiliser les autres. Ma bataille est ailleurs pour le moment et je pense, sincèrement, que la diminution considérable de l’euthanasie par la responsabilisation est plus urgente que la création d’une race.

À chacun sa philosophie!



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